Dépendance affective : où en est-on ?

Par / 0 Commentaire / 14 décembre 2017

femme isolée à cause de son homme PNQu’est-ce que la dépendance affective ? Pourquoi la vit-on ? Comment peut-on en sortir ? Autant de questions que de nombreuses personnes peuvent se poser suite à différents épisodes de vie répétitifs. Qu’est-ce qui fait que nous pouvons être dépendant affectivement ? D’où peut venir cet état d’esprit le plus souvent logé dans notre inconscient  et comment s’en débarrasser ?

Grâce aux nombreuses études effectuées sur nos comportements et sur le cerveau, nous savons aujourd’hui que grâce à des séries de test scientifiques que les émotions plus ou moins fortes et plus ou moins intenses vécues ou ressenties dans l’enfance causent des dommages importants à certaines aires du cerveau. En lisant le livre de Daniel Goleman « l’intelligence émotionnelle » p 150-151, on peut lire que des observations claires ont été menées par le psychiatre Daniel Stern de l’université de Cornell qui a rédigé un rapport à ce sujet en 1987 dans « The interpersonal World of the Infant p30 ».

Il traite dans ce papier de la façon dont l’enfant perçoit que ses émotions sont accueillies avec empathie, acceptées et payées de retour suivant un processus que Stern nomme « harmonisation ». Il précise que l’opposé à l’harmonisation est le « déphasage » et que la répétition d’innombrables instants de déphasage entre parents et enfants détermine comment ces derniers, devenus adultes envisageront les relations affectives avec leurs proches.

Ce constat a été effectué lors d’une expérience avec des jumeaux dont l’un ressemblait plus à son père et l’autre à sa mère. Il s’est avéré que la mère était harmonisée avec un des jumeaux et qu’avec l’autre elle était déphasée. Les années qui ont suivies ont confirmé les décalages comportementaux entre les deux jumeaux.

L’harmonisation se produit tacitement au rythme des relations. Stern a étudié scrupuleusement pendant plusieurs années les enfants et leurs mères en enregistrant leurs échanges. Il a pu constater que l’harmonisation permet aux mères de savoir ce que l’enfant ressent, pas uniquement de le savoir notamment par le fait d’imiter tel ou tel comportement du bébé mais de ressentir avec justesse ce qu’il ressent et ainsi de lui apporter un apaisement et de l’harmonie.

Ses observations ont pu faire le constat que des situations répétées de déphasage et donc de manque d’harmonie avec la mère affecte avec sérieux le bébé du point de vue affectif. Lorsqu’aucun parent ne manifeste pas la moindre empathie envers telle ou telle émotion de l’enfant –joie, chagrin, besoin de câlins-, celui-ci commence alors à éviter d’exprimer cette émotion et finit par ne plus la ressentir.

De même, les enfants pourront finir par préférer certains sentiments négatifs selon les humeurs auxquelles répondra leur entourage. Ainsi, des bébés de 3 mois de mères dépressives reflètent l’humeur de celles-ci lorsqu’elles jouent avec eux et manifestent bien plus de colère et de tristesse que de curiosité et d’intérêt spontané que des enfants de mères non dépressives.

Dépendance affective et passé : un lien fort !

La réaction chimico-énergétique produite par le cerveau pour répondre à une situation qu’il interprète parfois comme un danger de mort marque certaines aires qui le composent et peuvent même aller jusqu’à une atrophie complète de la zone concernée. On sait également aujourd’hui que certains traumas sont même détectables jusque dans l’ADN.

Ces réactions enclenchent des réactions de mise en mode survie du cerveau qui coupe alors toute possibilité de revivre les mêmes situations. C’est une protection et en même temps c’est tout le problème. Ces mémoires trop douloureuses deviennent alors des freins puissants pour notre évolution.

A chaque blessure vécue ou ressentie correspond un masque que nous mettons sur notre visage pour ne pas montrer notre faiblesse enfouie.

Le problème est que l’origine de cet événement est toujours présent dans notre mémoire. Ainsi, le masque que nous portons lorsque nous tombons dans la dépendance affective est très logiquement le masque de dépendant.

Lorsque, dans notre enfance nous avons été confronté à une situation d’abandon vécue ou simplement ressentie, notre cerveau réagit en se défendant et en mettant alors un gros post-it : situation d’abandon : DANGER : à éviter sous peine de mort !

D’un côté notre cerveau nous protège des potentielles nouvelles situations d’abandon et de l’autre il nous crée inconsciemment le masque du dépendant dont l’objectif toujours inconscient va être d’attirer toutes les situations possibles pour être à nouveau abandonné(e)s. Quel paradoxe !!! Pourquoi me direz-vous ? Parce que celui qui porte le masque du dépendant aura des attitudes, comportements, gestes emplis de l’énergie de l’abandon.

Ces attitudes seront la recherche à tout prix d’une personne pouvant combler ce ressenti d’abandon inconscient. Ainsi la personne ayant vécue cette blessure n’aura qu’une peur, c’est d’être à nouveau abondonné(e) au cours de ses relations de couple. Conséquence : peurs, angoisses, anxiété, stress .

La personne en face n’étant la plus part du temps absolument pas prête à assumer ce rôle et ne connaissant pas non plus la cause de ces réactions excessives, en arrivera à partir. Cette situation sera vécue pour l’autre personne comme un nouvel abandon !

Il semble évident que plus la blessure initiale est profonde et intense, plus le niveau de dépendance le sera. Nous n’avons pu faire que subir ces situations. Le plus compliqué est réellement que nous sommes totalement inconscients de cette réalité, cela s’est la plupart du temps passé entre nos 1 et 3 ans.

La question première à se poser est d’être à l’écoute de soi et de faire un état des lieux de ce que l’on a vécu dans nos vies. Etions-nous tristes plus jeunes lorsqu’après une fête quelconque les invités s’en allaient ? N’avons-nous pas toujours le même type de relation amoureuse ? Supportons-nous les gens en qui on a confiance et qui nous semble ne pas en avoir conscience ? Etc…

A partir de ce constat il est possible de travailler sur soi pour modifier cet état d’esprit et agir sur nos comportements. En effet, il existe de nombreuses approches pour cela.

Les outils énergétiques, l’hypnose Eriksonnienne, l’EMDR sont tous destinés à dénouer les blocages issu de la blessure initiale. Cherchons dans nos parcours, nos habitudes, les situations que nous attirons et que nous reproduisons pour ancrer la compréhension de ce qui est au départ profondément inconscient. Nous cherchons le plus souvent à remplir ou à combler une partie de nous qui n’est pas complète ni en harmonie.

Personne ne nous apprend à nous aimer ni à nous porter de l’estime.

Toute notre vie est parsemée de joies et de déceptions qui nous font tantôt aller vers le haut, tantôt aller vers le bas et parfois avec excès (dépend de l’intensité de la blessure). Et ce de manière systématique.

La prise de conscience est le point de départ à toute action et à tout processus de changement de soi vis-à-vis de soi. Nous ne changeons jamais pour les autres. Parfois nous nous en convainquons, mais la plupart du temps cela n’est pas durable car un jour ou l’autre nous serons amené à reprocher à l’autre ce qu’il n’a pas fait parce que de notre côté nous avons eu l’impression de déplacer les montagnes pour lui ou elle.

Nettoyer ses blessures peut revêtir plusieurs formes. Soit on apprend à recomposer nos façons d’être et de faire pour modifier notre manière de penser, parler, agir et cela prend du temps parce que le cerveau est affamé de ce qu’il a toujours eu. Le moindre changement est un danger pour lui.

Istéphane dabas compressée (1) (1)l va donc tout faire pour nous dissuader de changer : coup de fatigue puissant, petits maux physiques, bâillements, irritabilité… Mais avec la volonté et la persévérance on en vient à bout de tout, et plus on agit jeune mieux c’est. On peut aussi se faire accompagner par des groupes de paroles, en participant à des ateliers, en faisant des constellations familiales. On peut même dans l’idéal faire les deux !

Rien n’est définitif, tout est possible !
Stéphane Dabas
Auteur, coach bien-être, facilitateur
https://lafetedubienetre.com

L’équipe MagAmour.com vous accompagne depuis 2009 dans votre vie amoureuse.
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